Non à l'invasion des gilets jaunes !

Publié le par Santeri

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Le comité interministériel de la sécurité routière s'est réuni le 11 mai 2011 pour prendre de nouvelles mesures renforçant la sécurité routière. Le texte intégral est ici.

 

La mesure la plus médiatisée est la suppression des panneaux qui signalent les radars mais trois mesures concernent spécifiquement les deux roues :

 

-l'agrandissement des plaques pour les deux roues motorisés

- formation post-permis pour ceux qui n'ont pas conduit de deux roues depuis plus de cinq ans

- port obligatoire d'un gilet jaune ou d'un blouson à bandes réfléchissantes pour les conducteurs de 125 cm3 et plus.

 

Nous reviendrons plus tard sur les plaques de format A4 qui seront hideuses et impossibles à fixer sur les cyclomoteurs anciens. Passons aussi sur cette formation post-permis qui discrimine de manière injustifiable les motards par rapport aux automobilistes et intéressons-nous au gilet jaune.

 

Pour l'instant, il ne vise que les conducteurs de 125 cm3. Mais ne nous leurrons pas, les ayatollahs de la sécurité routière prévoient sans doute déjà d'étendre son port aux 50 cm3 puis aux vélos, aux trottinettes, aux écoliers qui prennent les transports scolaires, aux groupes de personnes âgées, etc.

 

Je n'ai absolument rien contre le gilet jaune. Je ne me moque même pas des gens qui l'apposent fièrement sur l'arrière du siège de leur voiture. Je pense même qu'il contribue à améliorer la visibilité la nuit sur des routes non éclairées. Ce qui m'embête, c'est cette tendance à vouloir tout rendre obligatoire, à imposer des contraintes supplémentaires, à créer de nouvelles lois et réglements en s'interdisant de faire confiance au libre arbitre et au bon sens des gens. Que les gens portent des gilets jaunes si cela les rassure mais pourquoi vouloir l'imposer à tous, à tout moment et dans toutes les situations ? L'épidémie des gilets jaunes a commencé par les éboueurs et les agents de la DDE, elle s'est étendue aux cyclistes du dimanche, aux sorties scolaires, aux chantiers, aux agents de sécurité, aux manifestations. Elle gagne tous les jours du terrain dans notre société angoissée et sursécurisée. Nous en viendrons peut-être un jour à une situation où plus personne n'osera sortir dans la rue sans son gilet de peur de passer pour une dangereuse tête brûlée : "Quoi, tu vas à pied chez le boulanger sans ton gilet jaune ! Mais tu es fou ! Et si tu étais fauché sur le trottoir par un chauffard myope en trottinette électrique débridée ? N'oublie pas ton gilet, même pour acheter du pain."

 

L'argument de la sécurité ne doit pas être un moyen de réduire les libertés et d'interdire toute réflexion.

 

Raisonnons par l'absurde, les chaussures à talon aiguille entraînent chaque année des milliers d'entorses en France et certainement quelques décès dus à de mauvaises chutes (malheureusement, les statistiques à ce sujet sont encore moins fiables que celles de la sécurité routière). Faut-il pour autant les interdire ?

 

Il ne faut pas rêver, la généralisation du gilet jaune n'aura que des conséquences marginales sur les chiffres de la mortalité routière. Tous les deux roues motorisés ont un éclairage en permanence, ils sont déjà parfaitement visibles, les automobilistes qui déboîtent sans regarder ne les verront pas plus avec un gilet. En outre, la multiplication des gilets jaunes sur la route risque de les banaliser. À force d'en voir partout, les automobilistes finiront par ne plus y faire attention du tout, un peu comme ces fenêtres publicitaires agressives sur le web que l'on finit par ne même plus remarquer.

 

Il y a même un paradoxe extraordinaire à vouloir imposer ces tenues criardes à l'heure où 99 % des voitures vendues sont de couleur gris bitume ou noir goudron, parfaitement invisibles sur les longs rubans d'asphalte. Moi qui conduis déjà un vieux scooter orange pétard, je n'ai pas besoin que l'on me remarque encore plus sur la route !

 

Par contre, ce gilet constituera une contrainte supplémentaire pour les motards, un uniforme qu'ils devront porter dans tous leurs déplacements. Quand on y réfléchit, c'est même une violence particulièrement grande d'imposer aux gens une manière de s'habiller, comme dans les prisons et les casernes. Il y a eu des révolutions pour moins que cela. J'ose espérer que le bon sens finira par l'emporter et que l'immonde gilet jaune finira par perdre du terrain.

 

Plusieurs manifestations contre les dernières mesures de sécurité ont lieu demain, le 18 juin 2011, partout en France. Vous trouverez plus d'infos sur le site de la FFMC.

 

  

 

 

 

 

 

 

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